Parfois, on se dit que tout est blanc et il suffit d'une personne pour pointer du doigt ce qui ne l'est pas... En effet, nous avons tendance à défendre le système français du don d'organes qui suit trois principes dont l'un est l'anonymat. L'anonymat entre le receveur et le donneur, cela pour éviter toute dérive.
La personne qui m'a fait réfléchir est journaliste. Elle a perdu son mari d'une attaque cérébrale il y a deux ans et demi et a du faire le dur choix du don d'organes. Elle a finalement accepté qu'on prenne les deux reins de son maris pour les transplanter. Elle a accepté ce don ultime qu'est le don de la Vie.
Mais elle se sent trompée. Elle pense avoir été lâchement abandonnée après avoir dit "oui". Les seules informations qu'elle a reçu ont été le sexe des receveurs (un homme et une femme), un rapide coup de fil de la part d'un médecin lui disant "que l'opération s'était bien déroulée". Puis plus rien. Elle attendait un simple mot du directeur de l'hôpital TrucMuche pour attester que l'opération s'était bien déroulée. Elle aurait aimé recevoir la reconnaissances des receveurs.
Elle rêve d'un système à l'anglaise dans le sens où on laisse le choix à la famille du donneur et au receveurs de se rencontrer. Je ne sais pas ce que vaudrait un tel système, mais il y aurait mille et une façons de pouvoir permettre à un receveur de remercier la famille du donneur anonymement. Si l'Agence de la Biomédecine passe par là, je pose mes idées : Pourquoi ne pas transmettre aux familles du donneur une attestation du directeur de l'hôpital signalant l'état de l'opération ? Pourquoi ne pas permettre au receveur d'écrire une lettre anonyme à la famille du receveur s'il le souhaite ? Ou solution encore plus folle, pourquoi ne pas laisser échanger leurs mails aux deux familles si elles le souhaitent après l'opération ? En quoi un contact après l'opération seulement engendrerait les dérives du système ?

Cette journaliste pense que le corps du donneur, une fois mort, n'est plus traitée que comme une ressource de pièces de rechange. Dit-elle, quand on demande l'heure dans la rue, on nous remercie. Quand on donne un organe et donc par la même occasion la Vie, on ne reçoit aucun remerciement. Aucun mot de remerciement. Mais le donneur n'est traité que comme un jeu de pièces de rechange. Ce n'est pas un être humain qui a fait ce don fantastique, c'est juste un paquet de pièce détachées qui ne mérite pas un regard, affirme-t-elle encore. Faut-il que tous disent ces mots pour qu'enfin on prenne conscience de ces maux ?
Il est inutile de vous dire que j'ai prit cette affaire au sérieux. J'ai répondu au mail de cette journaliste avec toute la sincérité que j'ai pu y mettre, j'ai appelé l'Agence de Biomédecine et je l'ai appelé elle-même... J'imagine toutes les familles qui comme elle se sentent lésés par le système. Mais elles souffrent dans leur individualité, il faudrait qu'elle se regroupe (association loi 1901 ?) pour faire entendre leur voix. Qu'aurait coûté à l'administration un mot officiel et un mot de remerciements anonyme à transmettre ? Le fait de ne pas le faire leur coûte des donneurs en moins car ces personnes ne voudront jamais revivre le calvaire...
Il est vrai que j'ai rarement vu un enfant remercier ses parents de lui avoir donné la Vie. Bien souvent, cette reconnaissance reste dans le cœur de celui qui a reçu le don en silence et à jamais. A jamais. Mais ceux qui le souhaitent peuvent le faire... Pourquoi ne pas permettre cette option aux familles ?
Agence de la Biomédecine, si tu m'entends... Rends une place digne aux donneurs et à leurs familles. Merci d'avance.
PS : Si d'autres personnes se sentent lésés et veulent agir en se regroupant, je suis prêt à vous mettre toutes en contact... Il vous suffira de laisser un commentaire... L'union fait la force.




). Bref, tout ça pour dire que moi je vais vous parler d'un truc sérieux,
mais avant, je vous laisse regarder ce clip de Zazie, que je trouve
particulièrement juste et touchant.

