Tout d'abord, je tiens à préciser que je ne me suis pas trouver de passion pour les vampires mais que ce billet parlera plutôt de l'enseignement... Mais ce n'est pas pour autant que le jeu de mots utilisé en tant que titre n'est là par hasard. Bien au contraire...

Ce samedi matin, je me suis rendu à la journée Portes Ouvertes de mon ancien lycée (c-a-d à Challans, lycée Truffaut) pour une petite visite de courtoisie envers mes anciens professeurs. Et ça m'a fait grand bien. Ça m'a fait grand bien de revoir de bons pédagogues dans l'enseignement... Plus on avance dans les études et plus la pédagogie s'efface jusqu'à même pour certains professeurs (une majorité ?) disparaitre totalement...

Quand je suis à l'Université, je n'ai plus aucune envie de devenir professeur tout simplement car l'image qu'on me montre ne reflète plus ce que j'attends de mon futur métier. Je ne veux pas être un professeur qui pratique le "je m'en fout des étudiants", le "c'est moi qu'est toujours raison car j'ai mon doctorat", le "j'avance avec les plus rapides, les autres travailleront chez eux" ou encore le "je fais le strict minimum et les étudiants se débrouillent"... Oh que non, je ne veux pas ressembler à ce genre de professeur qui ont certainement oublié le sens premier de leur métier...

Quand je remets les pieds dans mon ancien lycée, j'arrive à me remettre dans la peau de professeur. Je veux leur ressembler. Ce ne sont pas des professeurs parfaits mais ils ont ce qu'il faut pour être de bons profs. La preuve en est que certains étudiants retournent passer le bonjour deux années plus tard... Et parfois, j'en arrive à regretter l'époque du lycée... Elle était belle l'époque du lycée......

Les professeurs n'ont pas changé... Ils n'ont pas perdu leur grand sourire et à en parler avec leurs nouveaux élèves, ils sont restés de bons profs, simples et généreux. On voit dans la manière d'accueillir leurs probables futurs élèves qu'ils ont choisi le métier qui leur correspondait... Et on voit à la façon dont ils nous accueillent deux ans plus tard à quel point ils sont fiers d'avoir été là pour former l'espace d'une année la personne que l'on est devenu...

J'ai fais le tour de toutes les matières en passant par le pays des mathématiques (l'antre de mes anciens professeurs chouchous) où j'ai refait des scènes cultes des ch'tis avec le prof, la physique/chimie, les langues étrangères, la philosophie où j'ai revu celle qui parlait plus vite que son ombre, l'histoire-geo avec ses profs emblématiques, les sciences de l'ingénieur, le sport et autres... Que de bons souvenirs ! Ce qui est assez drôle c'est de remarquer la première image qui vient à l'esprit des professeurs qui ne nous ont pas vu depuis un bout de temps... On voit la trace qu'on a laissé en leur esprit. Moi, je suis le faux matheux (car je ne fais pas que ça), travailleur et assidu, qui sourit tout le temps avec en bonus le fait que je sois papa de Doona. C'est sans doute moi...

Lors de mon passage au stand d'histoire, j'ai eu l'occasion de discuter avec mes anciens profs comme pour toutes les autres matières, mais la prof a prononcé quelques mots qui se sont inscrits dans mon esprit, tellement j'ai trouvé ça vrai. Elle a dit "Je fais un métier génial. Parfois, c'est dûr. Il y a des jours où on voudrait changer de métier comme tout le monde mais le lendemain la crise est passée. Mais j'aime enseigner !". Moi j'ai tout de suite fait le rapprochement avec l'homonyme "en saigner" et j'ai trouvé ce rapprochement doublement fondé...

C'est vrai qu'on doit arriver à s'en saigner parfois d'enseigner... Se plier en trente-six pour être en phase avec tous, dans la classe... Hausser le ton pour calmer un peu la troupe sans créer une ambiance de mort... Ou mettre toute son énergie à expliquer un concept pendant une heure jusqu'à ce que tout le monde comprenne... Oui, on en saigne mais au moins on enseigne bien... Et je pense que les élèves le rendent bien. Quand ils partent avec le regret de ne pas pouvoir rester, quand ils reviennent pour passer un petit coucou ou quand ils présentent le prof comme le meilleur du lycée...

Au moment de partir, j'ai revu au loin mon ancien prof de sport. Je n'aimais pas sport. J'étais mauvais en sport. Cercle vicieux. Mais ce prof m'avait motivé en allant au delà des notes sur la bonne pratique. Quand il m'a vu arrivé, il a d'abord été surpris puis content de me voir. Et il m'a rappelé ce que j'avais fait en partant du lycée... J'avais distribué des diplômes pour remercier les profs et j'en avais profité pour pointer du doigt les qualités de chacun ou les petits défaut... J'étais parti du principe que vu qu'on ne pouvait pas critiquer les mauvais profs, je pourrai récompenser les bons, et j'ai ainsi pu distribué le diplôme de la flemmingite, du passionné, du papa poule, etc.... Et il m'informe que parfois il relit le sien et cela le motive à continuer son boulot...

L'année prochaine, ce sera pour lui l'heure de la retraite et une "nouvelle" vie qui commencera... L'heure où il aura finit d'en saigner pour ses élèves, l'heure où il laissera quelques larmes de ne plus pouvoir enseigner... L'heure où parfois il réouvrira ses cahiers fraîchement gardés pour revoir ses anciens élèves, ce qu'ils ont laissé en partant et peut être il lira mon diplôme... Et il pourra se dire, perdu dans ses bons et chaleureux souvenirs, qu'il aura fait un boulot formidable...

On a la critique facile envers les mauvais profs ou même ceux que l'on apprécie pas... Et on oublie souvent tous ceux qui nous ont donné l'envie de devenir enseignant... Il y en a toujours au moins un. Prenons les mauvais comme les exemples à ne pas suivre et tentons d'être à l'image de ceux que nous aimions. Ne perdons pas l'envie d'enseigner à cause d'incompétents qui dans le fond n'ont certainement jamais compris ce qu'était l'enseignement... Un bon prof se voit à la relation qu'il entretient avec ses élèves.

Sans cette relation étroite entre prof et élèves (ce que j'appelle pédagogie) je ne vois pas de mérite à enseigner... La pédagogie ça ne s'apprend pas en cours mais on doit certainement avoir ça dans la peau quand on fait le métier pour ses élèves... La pédagogie ça doit s'apprendre dès le tout jeune âge en repérant ce qu'on a aimé des profs et ce qu'on a critiqué. Tout cela forme notre propre pédagogie. Dont d'autres élèves s'inspireront plus tard pour former celle qui leur sera propre, se prenant de passion pour le métier...

Et un jour, ils en saigneront... et ils aimeront ça...

Ce billet est écrit en pensant à tous les bons profs de Truffaut que je ne citerai pas car la liste est longue... Je n'ai pas vu certains profs à qui je passe donc le coucou dans ce billet et à tous je dis à bientôt... Je reviendrai un jour... Je reviendrai !