Notre vie n'est selon moi qu'une gigantesque course d'endurance ; effectivement, le but n'est pas d'arriver premier mais d'arriver au bout le plus tard possible. Parfois, dans un sursaut d'humanité, on relève quelqu'un qui n'avait plus la force de continuer. Parfois, on en fait tomber certains par mégarde ou par sauvagerie. Souvent, on continue la Course seul, à deux ou en petits groupes (appelés familles), en oubliant tous les autres et en évitant leurs problèmes.Qui gagnera ? Le coup de sifflet qui sonnera la fin de la Course pour tous, les uns après les autres ; ce qu'on appelle la mort...

Nous espérons tous recevoir le premier prix de cette Course qui n'est autre que l'accomplissement des objectifs vitaux que l'on s'est donné pendant, avant d'en ressentir la fatigue. Certains courent après Dieu, certains après l'argent, certains après le bonheur suprême. D'autres, pour la plupart, essaient simplement de finir la Course en évitant les obstacles ou en s'en relevant, prenant expérience de la chute.

Sur la piste, on en croise qui sont tombés si violemment qu'ils ne se relèveront pas. Certains en sont morts. D'autres souffrent à l'agonie. Ils aimeraient qu'on les aide à finir la Course, mais on les laisse sur terre se disant que peut-être un jour ils se relèveront... Ils se jettent à nos pieds pour qu'on mette fin à leurs souffrances. Mais c'est écrit dans le règlement : personne ne doit amener un autre participant à la fin de la Course, peu importe son état.

Pourtant, dans le dos des arbitres, il y en a qui osent aller contre cette règle. Honorable héros, misérables lâches ou véritables salops ? Chacun aura son avis mais peu élèveront la voix, continuant tous la Course sur leur propre vie. Ma prof de philo disait qu'on avait toujours que deux issues pour chaque choix : être lâche ou salop. Même les héros sont soit lâches soit salops face à un choix dans la vraie vie. Avons-nous été plus lâches ou plus salops dans cette Course ?

S'il y a une chose parmi d'autres que la philosophie m'a apprise c'est que le fait d'être lâche ou salop n'importe pas (ou peu) ; ce qui importe vraiment, c'est de prendre toutes les conséquences de ce choix pour soi-même et de continuer la Course avec son poids sur le dos...

Sans doute j'ai été lâche, sans doute j'ai été salop... mais je continue de courir, n'oubliant aucun de mes choix précédents... Et vous, qu'en pensez-vous ?