Marre de l'humarketing !
Par Nico le samedi 19 avril 2008, 22:40 - Coups de gueule - Lien permanent
Ne cherchez pas la définition du terme "humarketing", ce mot
vient d'être inventé par mon esprit fougueux (en fait, il existait
déjà même si je ne l'avais pas remarqué)... Alors, en exclusivité, voici
chers lecteurs sa signification :
Humarketing : Nom Masculin. Formé de la contraction des termes "humanitaire" et "marketing", l'humarketing est une technique de marketing visant à faire du profit en le dissimulant dans un (soi-disant) geste humanitaire. En 2008, de nombreuses sociétés s'y sont attachées.
Alors, maintenant que les mots ont prit tranquillement leurs sens, je vais pouvoir entamer ce coups de gueule qui me ronge depuis quelques mois... Et oui, y'en a (vraiment) marre qu'on prenne l'internaute pour un c*n !
Chaque semaine (quasiment), je vois une personne de mauvaise conscience ou une entreprise avide de profit lancer une copie de Doona à quelques détails près. Je vais anticiper sur celui de la semaine prochaine... Hum... Le moteur s'appellera peut-être PowerFlower, et toutes les mille recherches, il plantera une fleur pour préserver la beauté de mère Nature... Ce qu'il ne dira pas, c'est combien lui il s'en met dans la poche avec ce slogan... C'est évident qu'il gagne plus d'une fleur pour mille recherches et de plus le fait d'afficher ce slogan lui permet de gagner encore plus en faisant appel à votre naïveté... Cercle vicieux... Mais vous ne le voyez pas car le marketing est là pour vous le cacher... Je ne nommerai personne mais j'en ai marre de ces attrapes-nigots bien ficelés...
Et je n'ai pris qu'un petit exemple du phénomène... C'est désormais partout... Les publicités du type "Achetez-moi et vous donnerez 0,0000010 centimes à une belle cause" se multiplie... L'humanitaire est au goût du jour mais j'ai l'impression qu'il se fait avaler par l'humarketing... Je ne pense pas que lucrativité et humanitaire fasse bon ménage... Pour l'humanitaire, il y a des ONG, des associations, etc... Pour le lucratif, il y a des multinationales, des entreprises, etc... Chacun sa place !
Cela n'empêche pas les deux mondes de se rapprocher et bien souvent le second sera utile au premier pour avancer... Mais une entreprise ne peut se valoir être humanitaire et une association ne peut faire du lucratif car dès lors je pense qu'on rentre dans un cercle vicieux... et dans le monde (terrible) de l'humarketing... (Je ne parle pas des sociétés au capital altruiste qui n'ont encore pas vu le jour mais qui me semble avoir des valeurs, pour GoodAction du moins...)
Personnellement, entre la MGEN une mutuelle qui ne s'affiche pas comme humanitaire et qui soutient des projets sociaux et sanitaires (en diminuant son capital pour se rendre utile), plutôt que notre cher PowerFlower qui lui se dit humanitaire et aide surement moins que cette dernière (en utilisant la cause que pour augmenter son capital)... Mais il n'y a pas que la MGEN, je pense aussi aux entreprises qui soutiennent Doona sans ne rien en tirer sinon notre reconnaissance : Exalead, Gandi, Xiti, etc...
Après ce coup de gueule (sans doute mémorable), j'espère que vous y regarderez à deux fois avant de croire les doux slogans de l'humarketing...
PS : Et bah voilà... ça fait du bien...



Commentaires
Dans le même genre, tu as le mécénat culturel, aussi. Avec dispositions légales édifiantes sur les impôts... L'hypocrisie est particulièrement sensibles dans les conditions d'éligibilité, pour le dire plus simplement, le mécénat ne doit rien rapporter à l'entreprise "directement"...
Donc avantages fiscaux + retombées médiatiques, c'est vrai que l'entreprise n'y gagne rien "directement"...
Pour les retombées médiatiques, je pense que là c'est normal... L'entreprise apporte un soutien considérable à l'association, il est normal que l'asso la mette à ses côtés.
Ensuite pour les "avantages fiscaux", j'imagine que tu parle de la défiscalisation du don, je pense que c'est un échec (idem pour les particuliers)... Créé pour permettre de donner plus : Exemple, un don de 1000€ est déductible à hauteur de 66%, ce normalement pour que l'entreprise donne 1000+66%*1000=1660. Ainsi, avec la réduction l'entreprise donne 1000€, l'association en reçoit 1660. Mais ce n'est pas comme cela que ça se passe... Généralement, pour donner 1000€, ils donnent 1000€ sans penser à (ou en espérant avoir) cette déduction.
Mais il y a aussi des entreprises qui font passer ça comme service rendu (et là pas de déduction fiscale) pour moins d'embêtements. Pour information, c'est ce que va faire notre sponsor (pour la grande enquête), le service étant un achat de pub sur Doona...
Voilà tout ce que je pouvais dire sur ce sujet ^^ (et sans coup de gueule cette fois...)
Et que penser de Veosearch ? Ca fait également un petit bout de temps qu'il est lancé....
Je ne les critiquerais pas mais je vous informe que Doona.fr était lancé bien avant et qu'avec Doona TOUT va à l'humanitaire...
J'ai vu j'ai vu, ne nous affolons pas
Personnellement ça m'est un peu égal (quoique...) que ce soit le premier ou pas, en tout cas je l'ai adopté !
Petite pub sur mon blog en passant, et puis c'est bizarre dès que je touche un ordinateur public, Doona se met en page d'accueil quand j'en repars... ^^
Juste pour te dire que le concept de capital altruiste part exactement des mêmes remarques que toi, mais pour aboutir à des conclusions radicalement différentes.
1) Oui, tout ou presque ce qui sort des entreprises aujourd'hui est de l'humarketing.
2) C'est donc aux ONG d'agir et il y a effectivement un principe de séparation à respecter.
Mais le pb, c'est qu'aujourd'hui les ONG vivotent par absence de moyens et sont dépendantes des entreprises qui les "sponsorisent". Donc peu d'impact et dépendance. C'est le contraire de ce qu'on cherche tous.
Le Capital Altruiste inverse la logique.
1) L'ONG reçoit un don en Capital de l'entreprise (le Capital est la seule chose qui compte aujourd'hui, c'est donc un "vrai" don, pas de l'humarketing).
2) L'ONG ne dépend plus de l'entreprise, elle en est actionnaire.
3) Le principe de séparation est respecté. L'ONG va recevoir de la valeur (sous formes de dividendes ou de plus value) et l'utilise comme elle veut, indépendamment de toute contrainte de l'entreprise.
4) l'hypocrisie de l'humarketing est supprimée. L'entreprise peut communiquer, certes, mais elle est en quelque sorte en droit de le faire car il y a réellement don.
J'observe Doona (connu par Good Action) depuis quelque temps. Que se passe-t-il ? Tu as eu une super idée et l'a mise en oeuvre, OK. Mais aujourd'hui,tu risques d'être dépassé par des gens plus requins, qui ont des motifs moins altruistes que les tiens, car la forme d'action que tu as choisie ne te donne pas de moyens financiers et ceux-ci sont nécessaires pour que ton idée acquière plus d'impact. Si tu te constitues en simple entreprise, tu deviendras à terme comme eux, contraint et forcé par la logique économique. Si tu passes en Capital Altruiste, tu intégres le paramètre économique mais tu gardes ton âme car la part altruiste de ta société représente exactement ce que tu donnes de ton temps à l'humanité. C'est ainsi que tu donneras le plus, beaucoup plus qu'en reversant tout ton chiffre d'affaires, tous les calculs le montrent (cf mon blog (http://www.wouarf.com/blogtk/index....)
L'argent n'est pas sale si tu le considères comme un outil, un moyen d'avoir de l'impact sur la société et que tu te donnes structurellement les moyens de l'utiliser comme tel. Compte tenu de l'idée que tu as eue, tu as une responsabilité et tu devrais au moins considérer sérieusement ce mode d'action. On n'a pas 100 fois dans sa vie la possibilité de changer le monde.
Désolé pour ce commentaire un peu long.
Thierry
Voir aussi sur l'huamrketing, que j'appelle, moins élégamment, le Capital Humanitaire hypocrite, le cas de Volvic
http://www.wouarf.com/blogtk/index....
La question que l'on peut ainsi se poser est aussi : peut on critiquer les entreprises qui font de l'humarketing (ou action humanitaire hypocrite, terme que j'aime bien aussi) ?
Certes, certaines entreprises communiquent sur leur soi disant action humanitaire pour se donner une bonne image et de nouveaux clients, tout en en reversant qu'un infime partie des profits générés à une cause louable... ça peut sembler dégueulasse c'est certain, se servir de la misère des gens ou de problèmes pour communiquer au grand public (ex de Volvic)... d'un autre côté, cette infime partie reversée sert quand même à quelque chose et peut réellement aider.
On peut mieux faire c'est certain, mais même avec cette hypocrisie, tout le monde ressort gagnant au final, non ?
Concernant ce que dit Thierry à propos de Doona, je ne pense pas que le but était au départ de donner le plus d'argent à l'humanitaire, mais d'être une interface internaute/humanitaire pour que l'internaute donne sans vraiment donner (juste en utilisant un site plutôt qu'un autre).... Doona n'est pas une entreprise à part entière avec un capital qui peut financer des ONG, c'est une organisation utilisée par tout le monde pour participer un peu. Et tout le monde * un peu, ça commence à faire beaucoup.
"tout le monde ressort gagnant au final, non ?"
Je ne le pense pas. Le monde va mal, les espèces animales vont mal. L'humarketing est une des causes profondes qui nous empêche de voir le pb au vrai niveau et qui retarde la prise de conscience générale. Il rassure salariés de l'entreprise et clients sans rien changer au monde. Il joue en gros le rôle des pièces de monnaie que les riches distribuaient aux pauvres au moyen-âge à la sortie des églises.
En fait, ce que tu décris, c'est le "chantage aux effets". Il ne faut pas y céder. Je te donne une exemple excessif, mais connu et qui relève du même phénomène. Un nazi impose à une mère de 2 enfants de lui désigner lequel doit être exécuté. Si elle refuse, il tuera les deux enfants, sinon, seul l'enfant désigné sera sauvé.
Dilemme pour la mère: si elle rentre dans la logique du nazi, elle a le sentiment d'avoir tué un de ses enfants. Si elle refuse d'y rentrer, elle a le sentiment d'avoir tué les deux.
Le sentiment de culpabilité que tu ressens lorsqu'on condamne l'humarketing tient du sentiment de culpabilité de cette mère. Il n'a au fond pas de sens. L'important, c'est de sortir de la logique proposée par le nazi.
Bonjour Thierry,
J'ai entendu parler de toi et ton blog par Laurent (de GoodAction).
Concernant Doona, et son fonctionnement 100% humanitaire, c'est notre fondement principal. C'est même peut être le principe qui nous est le plus cher. Je ne vois pas Doona en entreprise...
Je ne souhaite pas en faire une activité lucrative, même moindre. J'admire le bénévolat et mes bénévoles. Je souhaite donner (véritablement) mon temps à l'humanitaire et que ce soit de même pour ceux qui nous aident... C'est aussi la force de Doona que d'être 100% humanitaire...
Maintenant ça n'empêche pas que Doona soit dans le capital associatif d'une entreprise altruiste (et pourquoi pas GoodAction ?). Ce capital (externe) pourrait lui servir à développer l'association...
Cordialement,
Thierry : c'est ce qui est en train d'éclore peu à peu avec l'apparition de groupements d'entreprise responsables socialement et écologiquement, telles que Alliances (http://www.alliances-asso.org), c'est ça ? (Je cite Alliances car c'est celle que je connais, ayant fait mon école dans le nord, mais il y en a surement d'autres). Le World Forum, tout ça, ça rentre dans ce contexte !
Il ne faut donc pas non plus se tromper... des entreprises peuvent faire de l'humarketing pour accroitre leur image de marque, tout en agissant plus réellement et moins médiatiquement !
Bonjour Nicolas,
"J'admire le bénévolat et mes bénévoles".
Moi aussi, mais c'est un peu "langue de bois", paternaliste, de le dire tel quel... Remplace "bénévoles" par "salariés" et tu as presque une des déclarations de Bouton sur la Société Générale !
Sur le fond de ce que tu écris:
Constituer Doona en entreprise ne t'empêcherait aucunement de rester bénévole, ni de faire appel à des bénévoles (de même, des associations peuvent faire appel à des salariés). La différence entre entreprise et association n'est pas là.
La différence n'est pas non plus que, si Doona était une entreprise, tu ne donnerais plus "véritablement" ton temps à l'humanitaire et que cela correspondrait à une "perte d'essence humanitaire" (ou de sens). Justement le Capital altruiste a pour objectif d'éviter réellement ces dérives "humarketing".
Tu écris: "c'est la force de Doona d'être 100% humanitaire". Si tu remplaces "humanitaire" par "sincère", je suis d'accord. Mais en revanche, le modèle où tu reverses 100% des revenus me semble une faiblesse. Pas parce qu'il n'est pas "pur", mais parce qu'il existe des moyens de reverser beaucoup plus aux associations (en valeur absolue) et que cela passe probablement par un modèle économique différent, plus capitalistique. Voir ce que j'ai écrit sur Good Action et le cas de Doona est très similaire (http://www.wouarf.com/blogtk/index....)
Le problème posé est en fait: faut-il maximiser le pourcentage de reversement (et le garder à 100%) ou faut-il maximiser l'impact de Doona sur le monde en tentant de maximiser en valeur absolue (et non plus en pourcentage) les reversements ?
Faut-il prendre le risque d'être dépassé par un acteur plus ou moins sincère mais qui a su mettre les moyens économiques pour s'imposer (tu écrits toi même qu'il apparaît des "concurrents" de Doona chaque jour) ?
Je pense qu'il est clair que le modèle actuel où l'associatif reste séparé du capital "par principe" est impuissant (de façon globale) à empêcher le monde d'aller à sa a perte. Pour lutter contre l'économique, il faut que l'associatif sache devenir lui-même un acteur économique puissant.
C'est important que des gens comme toi aient une compréhension de ça parce que le concept que tu as créé est au centre du monde. Il s'agit de la pub, qui est à la source de la société de consommation, de la croissance incontrôlée et qui est une sorte d'opium du peuple. (http://www.wouarf.com/blogtk/index....)
Evidemment, Doona peut rentrer dans le capital associatif d'une entreprise altruiste... Mais si j'ai bien compris, Doona est au départ un "moyen" de donner de l'argent aux associations, il ne mène pas de projet "humanitaire" par lui-même. Donc donner les moyens à Doona de se donner les moyens de donner plus, ça peut se faire, mais ça me semble un peu tiré par les cheveux !
Je respecte évidemment ce que tu écris: "Je ne souhaite pas en faire une activité lucrative, même moindre. " A la fin, ce genre de choix est éminemment personnel. Mais je voudrais être sûr que ce choix est fait pour des "bonnes" raisons et non pas des clichés et c'est pour ça que je précise un peu les choses.
@thithi
Comment, sur le site que tu m'indiques et qui est une émanation de la Cité des Entreprises, organisation patronale dont le but est donc de promouvoir avant tout les entreprises membres, faire la différence entre ce qui relève de l'humarketing et ce qui peut avoir des effets ou ce qui est à peu près sincère ?
Comme par hasard, toutes ces "belles" actions en sont jamais quantifiées. Sont-elles du type ""Achetez-moi et vous donnerez 0,0000010 centimes à une belle cause" ou vraiment altruistes ? (un des avantages, entre autres, du capital altruiste, c'est qu'il est systématiquement quantifié: le % de capital donné à l'ONG indique précisément l'action sociale de l'entreprise).
Le problème structurel de l'entreprise "sociale" dans un contexte libéral: si son côté "social" la rend moins performante, elle disparaît. Si elle veut survivre, elle doit gérer les conflits social /performance en fonction de l'économique: c'est la loi du marché.
Voir http://www.wouarf.com/blogtk/index....
@ Thierry
Pour vous, le fait d'aider et d'être sincère dépend donc seulement d'une part quantifiée d'argent reversée à une organisation ?
Une entreprise ne peut donc pas être sincère et respectueuse de l'environnement, de ses employés ou de ses clients par l'amélioration même de son action, de son fonctionnement ?
Je suis désolé, mais si ces entreprises adhèrent et dépensent de l'argent pour un tel mouvement, c'est aussi qu'il y a quelque chose derrière. Et comme je le disais avant, même si c'est pour de la publicité (plus ou moins forte, Alliances n'est pas vraiment connu dans le grand public), il y a quand même une action qui est derrière qui fait progresser les choses et qui veut faire changer les mentalités...
En fait, la sincérité est un paramètre indécidable.
Les Tartuffe comme les saints disent qu'ils le sont. Ni vous ni moi ne pouvons réellement évaluer la sincérité d'un personne, physique ou morale.
En tant que groupe, les entreprises ne sont pas crédibles au niveau sincérité dans un monde libéral tel qu'il l'est aujourd'hui. C'est déjà dur d'exister économiquement... alors exister + être sincère.
C'est pour ça que je préfère me concentrer sur l'impact humanitaire de l'entreprise, qui lui est effectivement mesurable. Le Capital Altruiste mesure le don. Les raisons profondes du don, les justifications, les déclarations humanitaires... tout ça est du domaine du politiquement correct, de l'humarketing et le monde en meurt, parce qu'entreprises et politiciens y excellent.
Et encore une chose. Le terme "sincérité" appliqué à une entreprise est impropre, c'est pire que de l'anthropomorphisme.
C'est pour ça qu'il faut mesurer non pas la sincérité, terme indéfinissable, impropre, indécidable et non mesurable, mais l'impact. Le Capital Altruiste mesure l'impact, mais il y a plein d'autres façons de le faire, évidemment. L'humarketing se définit en fait ainsi: beaucoup de com (donc d'avantages financiers pour l'entreprise), peu d'impact réel. ""Achetez-moi et vous donnerez 0,0000010 centimes à une belle cause" comme l'écrit Nicolas.
Je suis plus ou moins d'accord avec toi Thierry... oui sur l'impact apparent du capital altruiste (il faudrait voir en vrai sa pérennité, y a t-il déjà des entreprises fonctionnant sur ce mode ?). Oui sur le fait que le rôle social tel que je vous le donnais n'est pas mesurable et donc qu'il peut être utilisé à toutes les sauces par les entreprises.
Par contre,je pense qu'il ne faut pas tout mettre dans le même panier et être si catégorique sur la sincérité des entreprises.... certaines peuvent l'être car leur président l'est (culture d'entreprise) et il faut les encourager
La difficulté est de les trouver car comme tu le dis, la plupart
sont peut être hypocrites.
Je ne suis pas catégorique. Je parle juste "en général", en moyenne, car j'essaie de trouver des moyens de peser sur l'évolution du monde. Il y a plein d'exceptions, mais je pense qu'elles ne sont pas statistiquement significatives.
Je pense évidemment que dans toutes ces démarches d'entreprises, certaines sont "sincères". Il y a déjà toutes les entreprises sociales, dont la mission même est sociale (micro-crédit, lutte contre la pauvreté).
Pour les entreprises "classiques", la logique économique borne sérieusement la marge de manoeuvre d'une entreprise (je ne jette pas la pierre, je suis chef d'entreprise "classique" et je sais combien une entreprise est difficile à faire vivre, sans même parler des grandes entreprises qui sont sous la pression constante des actionnaires financiers et qui ont une marge de manoeuvre encore plus réduite).
Je pense surtout qu'il faut exiger des indicateurs d'effort ou d'impact clairs pour éviter le gain d'image sans contrepartie. Ca ne me gêne pas que l'entreprise tire un avantage de son comportement, mais ça me gêne qu'elle nous leurre. Par exemple, "nous reversons 1% du CA pour telle oeuvre", c'est à peu près clair (encore faut-il que ce soit audité, car on voit de tout). Mais 10 l d'eau au sahel pout 1 l d'eau acheté, c'est tout sauf clair (cf le cas de Volvic : http://www.wouarf.com/blogtk/index....)
La "trouvaille" (j'espère), du capital altruiste, c'est qu'on ne force plus l'entreprise à "faire le bien", c'est à dire à rentrer en conflit avec ses actionnaires (baisser sa rentabilité) ou ses clients (monter ses prix). On introduit juste un actionnaire altruiste et l'entreprise fonctionne alors comme un entreprise classique. Plus de conflit car plus l'entreprise progresse, plus elle "nourrit" son actionnaire altruiste. (1)
Je te donne un exemple extrême (non significatif mais intéressant sur le plan théorique). suppose que le WWF soit actionnaire à 100% de Total. Si le WWF est un actionnaire intelligent, il ne demanderait pas forcément à Total de changer sa politique, mais il lui demandera de continuer à se développer avant tout économiquement car à travers le développement de Total, il disposerait de plus de moyens qu'il n'a jamais eu pour mener des programmes de "correction". Il préférerait laisser Total se développer "tel quel" pour pouvoir mener à bien un max de programmes. Si le WWF imposait à Total des normes éthiques trop coûteuses, il ferait baisser la valeur et la position compétitive de Total, au profit d'Exxon, BP... et devrait réduire le nombre de ses programmes.
La Capitalisme Altruiste utilise et s'appuie sur la mondialisation pour lutter conter ses effets jugés les plus nuisibles. Il ne nie pas la mondialisation et ne s'y oppose pas.