Bonne fête... Ou pas !
Par Nico le dimanche 15 juin 2008, 12:14 - Confidences publiques - Lien permanent
Quel meilleur jour qu'aujourd'hui aurais-je pu prendre pour lui
souhaiter faire sa fête ? Ce n'est ni l'envie, ni le temps qui
m'en manqueraient mais je ne le ferais pas. Par respect. Non pas par respect
pour lui, mais pas respect pour moi. Par respect de ma personnalité. Parce que
je ne suis pas comme ça. Parce que je ne lui ressemble pas. Et parce que je ne
lui ressemblerai jamais.

Pour beaucoup d'entre vous, aujourd'hui sera le jour où vous souhaiterez une bonne fête à votre père, jour où, en quelque sorte, vous le remercierez de ce qu'il a accomplit pour vous. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je pourrais trouver de quoi remercier mon père. Non pas pour ce qu'il a voulu me donner car je n'en garde que de mauvais souvenirs. Mais pour ce qu'indirectement il a fait pour moi. Le revers des coups au cœur qu'il m'a porté...
Tout d'abord, la Vie. En effet, je viens physiquement d'une partie de lui. Il m'a conçu, peut-être sans s'en rendre compte, et même s'il n'a pas su prendre de vrais engagements paternels par la suite, je lui dois au moins cette naissance. S'il n'avait pas existé -et c'est tout de même dur à dire-, je ne serais pas là aujourd'hui. Et je n'aurais jamais goûté à tout ce que je vis actuellement, à tout ce que je vis depuis ma renaissance, depuis ce jour où j'ai décidé de reprendre ma vie en mains.
Son attitude envers moi m'aura permit de rencontrer des personnes qui me sont chères actuellement. Il m'aura manqué un père toute la vie mais beaucoup ont comblé cette place vacante en mon cœur et sont désormais beaucoup plus proches de moi qu'il ne l'est (et je ne pense pas d'ailleurs qu'on puisse faire pire que lui...). Je pense notamment à toi ma petite Laurie, à vous mes amis. Aux autres, ceux qui crient victoire quand je me retourne pour regarder derrière moi... Tant de présences essentielles que ma vie aurait pu me cacher...
Les maux qu'il m'a transmit quand j'avais encore des contacts avec lui m'auront permit de forger ma personnalité. Ainsi, je suis devenu celui que vous connaissez. Le bon vivant, celui qui prend la vie du bon côté, qui est toujours là pour aider les autres quand ils en ont besoin. Celui aussi qui ouvre sa gueule quand quelque chose ne lui plaît pas. Celui qui reste sincère avec lui-même et avec les autres. Ce n'est pas pour me lancer des fleurs, mais une façon de me dire que je suis à son opposé. Voir le mal m'a permit de ne pas vouloir l'approcher. Ressentir le mal m'a permit de vouloir soigner celui d'autrui.
On a tous un passé, qu'il nous plaise ou non. Ce passé forge la personne que l'on devient jour après jour en prenant expérience de ce dernier. On ne peut pas renier le passé. On ne peut pas oublier le passé. Quel qu'il soit. On doit vivre avec. Mais regarder surtout ce qu'il nous a apporté, et avancer au rythme des larmes qui sont tombées. Aucune larme ne tombera sans qu'il ne nous en reste une morale personnelle.
Ainsi, je ne lui souhaiterais pas sa fête, mais je ne lui en ferais pas non plus. Je resterais neutre. En cette fête des pères, je souhaiterais bonne fête à toutes ces personnes qui, un jour, ont prit ce rôle sacré pour une courte durée en m'aidant dans la vie, en guidant ma voie. Il y en a. Même beaucoup.


