L'article qui suit à été modifié sous le poids de menaces judiciaires effectuées à l'encontre de l'auteur ; ce pour éviter tout préjudice.
Merci de votre compréhension.

Cette lettre ouverte s'adresse à toi qui n'a rien comprit et qui me lit,

Je ne sais même pas comment commencer cette lettre. Je ne pensais pas que j'aurai le besoin d'écrire quelque chose de tel. Deux ans ont passés, si ce n'est plus. Je pensais que toutes mes lettres précédentes auraient servies d'exemple, de leçon, d'expérience. Que nenni ! Tout semble à refaire, le présent relaie l'imparfait, se conjuguant avec de nouveaux sujets...

Je t'avais prévenu. Je t'avais dit que tu venais de perdre un enfant mais qu'il en restait deux. Je t'avais dit de tout faire pour qu'ils ne vivent pas tout ce que j'ai vécu. Ma perte ne t'a donc pas suffit. T'en faudra-t-il deux autres pour regarder la vérité en face ?

Relis donc un peu mes lettres. Rappelle-toi des mots que j'utilisais pour illustrer mes maux. Souviens-toi des souffrances que tu m'as infligé et que je t'ai éclairé dans ces lettres. Ressens-en encore tout le poids de mon désespoir passé. Maintenant pense aux autres. Ces lettres, ils te les enverront peut-être prochainement. Ils souffriront autant que moi et ce sera encore ta faute. Et tu auras tout perdu. Absolument tout.

C'est toi qui m'a dit "adieu" le premier. Ne crois-pas qu'ils ne feront pas le premier pas. Tout est dérisoire face aux souffrances d'un cœur meurtri. Un jour, si tout continue sur cette lancée, ils comprendront qu'il vaut mieux ne pas avoir de part de gâteau plutôt qu'en avoir une mauvaise. Un jour, tu perdras tout.

Qu'est-ce qui les retient ? Leur dignité. Ils ont le cœur assez grand, eux, pour ne pas vouloir te causer du tort. Alors ils attendent. Ils attendent de pouvoir te quitter sans qu'il n'y ait de justice à rendre. Oui, ils attendent le moment venu, jour où ils pourront dire "stop" sans conséquences. C'est peut-être cela qu'il te manque le plus. De la dignité, et de l'amour.

Alors fais un choix. Il sera déterminant. Eux, du moins ce qu'il en reste, ou tout ce qui leur fait tant de mal. Je ne rentrerais pas dans les détails. Tu sais déjà tout. Sois un homme. Essaie au moins. Peut-être ne peux-tu pas ? Ce n'est pas avec un comportement digne des hommes les plus primitifs que tu paraîtra fort. La force réelle d'un homme réside dans sa façon à éviter les comportement d'une telle nature...

J'ai eu du mal à t'oublier. C'est difficile de savoir une personne vivante mais invivable. J'y suis parvenu mais je ne souhaite pas qu'ils vivent ce même manque et toutes les souffrances qu'il peut engendrer. Tu n'as plus qu'une seule issue, changer.

Si tu ne le fais pas, tu finiras ta vie seul. Tu regarderas les gens s'en aller. Non pas parce qu'ils mourront, mais pire encore parce qu'ils vivront... loin de toi, sans toi, et tout en étant heureux. La mort, elle ne viendra pas. Tu l'attendras, seul. Oui, tu regretteras ta vie. Le pire, c'est qu'on t'avait averti. Beaucoup avaient essayé de t'aider. Jamais tu ne les auras écouté. Et tu en sera là. Seul. A regarder la trotteuse t'imiter à tourner en rond en attendant l'épuisement total de son énergie...

Veux-tu vraiment revivre tout ce que tu as vécu avec moi ? Ou plutôt contre moi. Je n'éprouve aucune haine. De la pitié pour toi. De la tristesse pour les eux. Le temps qui a passé a tout changé en mon esprit. Tu n'es plus qu'un inconnu. L'autre a disparut un jour dans un grand moment de bravoure. On ne l'a jamais revu.

Sois un homme, un vrai. Arrêtes de jouer au gamin. La vie ne fait pas de cadeaux, ne rajoutes pas des épreuves dans celles des deux autres.

Tu as tout perdu avec moi, ne perds pas tout avec les autres. Et ce n'est plus un jeu d'argent. Rien ne les retiendra sinon l'amour.

Comme on dit en breton, adieu vat.

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