Avant toute chose, je dédie ce billet aux deux personnes qui se reconnaîtront. La première pour cet être cher qui lui manque depuis bien longtemps. La seconde pour ce qu'elle vit en ce moment.

Je le jure. On ira tous au paradis.
Si je mens, je vais en enfer.

La seule question qui demeure, c'est "quand ?". Ce peut être demain, ou dans des années. Combien de personnes chères partiront avant nous ? Combien resteront encore sur Terre pour nous pleurer ? Qu'aurons-nous fait de notre vie ? Qu'aurons-nous raté ? Que deviendrons-nous ? Où irons-nous ?

Tant de questions qui demeureront sans réponses... Sauf peut-être quand nous arriverons à la fin du premier chapitre... Pourquoi aussi les gens partent quand on s'y attend le moins ? Au moment où l'on est le plus vulnérable ? Pourquoi n'y a-t-il pas d'âge pour mourir ?

Où qu'ils aillent après la mort, il y a un refuge qu'ils ne quitteront jamais : le cœur de ceux qui les aiment. Ils y survivront. Leurs petites habitudes, leurs pensées, leurs rêves, leurs dons... Tout leur véritable héritage sera porté dans le cœur de leurs proches. Rien, pas même cette entité toute puissante et mystérieuse qu'est la mort, ne pourra changer cela.

Vous vous rappellerez de leur enseignement. Peut-être même d'une citation bien précise. Quelque chose qui sonnera bien dans votre esprit et qui deviendra le fil rouge de l'histoire de votre vie. La vie qui continuera. Malgré tout. Avec d'autres. D'autres qui un jour partiront aussi. Avant ou après vous. L'un souffrant de partir, l'autre de rester. Apprendre à dire adieu. Enseignement difficile mais nécessaire. Dire adieu sous le poids des larmes et prendre les rames pour voguer sur ce ruisseau de souvenirs revenant au compte goutte.

Mais, au final, on ira tous au paradis. On s'y retrouvera. Peut-être, surprise ultime, qu'on devra même mourir une seconde fois. Se redire adieu. Encore et encore. Vision effroyable, n'est-ce-pas ? Car c'est cela que l'on aime le moins. Dire adieu. Tous les conflits s'apaisent à ce moment là. La réalité n'est plus qu'un monde virtuel qui avance sans nous. Le mot ne sortira peut-être pas, ou il raclera le fond de la gorge. Dire adieu, pour continuer à vivre ou continuer à mourir. Cela dépend du côté où l'on se place.

Pour moi, le paradis c'est un endroit où l'on peut voir la vie que mènent ceux qui nous sont chers et qui vivent encore (avec des parties censurées tout de même) et d'où on peut les guider, les aider, leur envoyer de la chaleur sur le cœur au moment où ils en ont le plus besoin.

Mourir, le verbe qui se conjugue vraiment à toutes les personnes et à tous les temps, avec ses irrégularités. Dans toutes les langues. Et surtout dans sa langue universelle, la tristesse. On ira tous au paradis. Et tous, nous survivrons dans l'amour de nos proches. Nous leur manquerons. Beaucoup parfois. Énormément même. Personne ne pourra nous remplacer mais certains pourront nous succéder... Et ainsi redonner le goût de la vie à ceux qui auront reçu cette note salée de la vie...

Je finis cet article avec la musique que j'écoutais pendant l'écriture (et ce pourrait être le cas plus souvent désormais) :