Oui, j'ai du sang mauvais en moi. Parce qu'un jour, deux êtres-humains ont choisi de me créer. Je ne suis que leur créature. Je n'ai pas choisi ce qu'il y a en moi. Je n'ai pas choisi d'où je viens. Je n'ai eu aucun mot à dire et maintenant ce triste passé semble vouloir me coller à la peau.

Ce sang qui coule dans mes veines, ce sang noir par endroit, me suit à la trace. Parfois, comme maintenant, il me suffirait d'un coup de folie pour que je veuille m'en séparer en me tranchant les veines. Vaine idée, je ne suis pas fou... Et en plus, je mourrai. Je ne veux pas mourir. Je préfère vivre avec ce sang mêlé...

Et rien n'est matériel. Tout est dans le vécu, dans les souvenirs. Ces êtres qui peuvent nous rassaillir sans qu'on puisse les éliminer. Seulement essayer de les éviter et espérer qu'ils ne frappent pas trop fort.

La destinée est-elle toute tracée ? Quand on nait d'un monstre, le devient-on ? Le sera-t-on un jour ? Les liens du sang se perdent mais restent toujours les souvenirs.

Je sais que j'ai beau suivre ma propre voie, à l'opposé de la sienne, il y aura toujours quelqu'un pour me comparer à lui. Parce que j'ai le malheur d'être celui qu'on attendait. Celui qui doit changer l'ordre des choses. Celui qui ne doit pas reproduire les faits.

On attend de moi bien des prouesses. Et pourtant je suis comme tous les autres. Comme tous ceux que je croise dans la rue. Il n'y a peut-être que le sang qui change. Et pourtant je suis du groupe A+. D'une banalité déconcertante. Qu'ai-je en moi de différent alors ?

C'est sûr que j'ai mes défauts. Chacun à ses propres défauts. Mais n'ai-je pas non plus des qualités ? Comme vous tous en somme. C'est fou comme parfois le moindre petit défaut peut arriver à cacher toutes les qualités. Il suffit d'une tâche pour que tout le tableau soit raté... Jusqu'à ce qu'on prenne un autre angle de vision...

Non, je ne me plains pas. J'ai de la chance de pouvoir encore m'exprimer aujourd'hui. D'être encore ici, parmi vous. Parce que bien des choses auraient pu être différentes.

Ne croyez pas que je sois à son image et cesser de le voir en moi pour quoique ce soit... Je ne ressemble qu'à moi-même. Je me suis construit en suivant bien des modèles mais jamais ceux qui lui appartenaient. J'ai suivi des modèles de paix, d'amour, d'égalité, de solidarité. Ces modèles je les suivrai encore.

S'il y a quelque chose qui coule dans mes veines, c'est de l'amour. De l'amour incontesté pour ce qu'il reste de ma famille, pour ce qui formera ma nouvelle famille bien-sûr et pour mes proches amis. Vous le saviez vous que la démesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure...

Ca ne change pas un homme, un homme ça vieillit. D'enfant il passe bien vite dans la vie adulte. Trop vite parfois. Mais il y des choses bien plus fortes que les souvenirs qui ne s'oublient pas... Ce sont les sentiments. Peut-être ne le dit-on pas assez, mais c'est parfois si... évident !

Je sais aussi que vous avez vécu des coups durs. Peut-être que je n'ai pu être là dans ces moments là. Peut-être que j'ai fait des erreurs aussi. Peut-être, et même sûrement vous ai-je rendu triste un jour aussi. Je ne suis pas un saint. Juste un ange sans doute. Un ange déchu. Qui tient à ses proches, mais qui parfois peut trébucher, sans avoir jamais voulu faire de mal...

Alors toutes mes excuses pour le mal que j'ai peut-être fais. Mais ne sous-estimez pas ce que je peux ressentir. Je ne suis pas un monstre. Je suis un homme. Un homme souffre. Parfois. Un homme pleure. Parfois. Un homme aime. Toujours.

PS : Désolé à ceux qui ne comprendront rien à ce billet... Je l'ai écrit en suivant le rythme de mon cœur...